Dieser Ratgeber ist auf Französisch verfasst, für Familien in Frankreich. Eine deutsche Fassung gibt es davon nicht. Er behandelt französisches Bestattungsrecht, das hier nicht gilt — eine Urne zu Hause aufzubewahren ist in Frankreich verboten und in Deutschland nur in wenigen Gemeinden erlaubt.
Pour un enterrement, choisissez un poème court — moins de vingt vers — qui ressemble au défunt plutôt qu'à ce qu'on lit d'ordinaire aux enterrements. « Demain, dès l'aube » de Victor Hugo, une strophe de « L'Isolement » de Lamartine et « Les Roses de Saadi » de Marceline Desbordes-Valmore sont dans le domaine public : ils se lisent, s'impriment et se recopient librement. Tous trois sont reproduits en entier plus bas.
Choisir un texte est déjà un hommage. Personne n'attend de vous que vous écriviez : trouver les mots qui disent ce que vous n'arrivez pas à formuler est un travail en soi, et il se voit.
Pourquoi choisir vaut mieux qu'écrire
Dans les jours qui suivent une mort, la fatigue et le chagrin font que les phrases ne viennent pas, ou viennent fausses. Un poème choisi n'a pas ce défaut : il est déjà écrit, il a déjà été éprouvé par d'autres, et il vous laisse toute votre attention pour le dire.
Si vous voulez malgré tout écrire votre propre texte, le chemin est décrit dans écrire un discours d'enterrement.
Ce qui tient à voix haute
Un poème lu devant cinquante personnes ne se comporte pas comme un poème lu dans un fauteuil.
La longueur. Au-delà de vingt vers, l'attention se disperse et la voix fatigue. Un texte court, lu lentement, porte plus loin qu'un long texte lu vite.
La syntaxe. À l'oral, on ne peut pas revenir en arrière. Préférez des vers où chaque ligne se tient seule.
Le concret. Un lieu, une heure, un geste portent mieux qu'une image abstraite dans une salle où tout le monde connaissait la personne.
Lisez-le à voix haute chez vous, en entier, avant de le retenir : certains textes qu'on croit tenir se cassent à la troisième ligne.
Trois poèmes, en entier
« Demain, dès l'aube », Victor Hugo
Pour un enfant, un parent, tout lien très proche. Le poème est daté du 3 septembre 1847, la veille du quatrième anniversaire de la mort de Léopoldine, la fille de Hugo. Il ne console pas : il décrit quelqu'un qui marche vers une tombe.
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
« L'Isolement », Alphonse de Lamartine — une strophe
Pour un conjoint, et pour le manque qui dure. Le poème entier est trop long pour une cérémonie ; cette strophe se suffit, et c'est d'elle que vient le vers « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ».
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières ?
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ;
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
« Les Roses de Saadi », Marceline Desbordes-Valmore
Pour une mère, une grand-mère, une amie. Neuf vers sur un cadeau qui n'arrive pas, et dont il reste le parfum. Il ne parle jamais de la mort, et c'est ce qui le rend lisible par tous, enfants compris.
J'ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir ma robe encore en est toute embaumée…
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
Vous croiserez aussi « Ne pleurez pas devant ma tombe », lu dans énormément d'obsèques francophones. Son attribution est discutée et il en circule des traductions très différentes : si vous le retenez, choisissez votre version et tenez-vous-y, plutôt que d'assembler des morceaux trouvés en ligne.
Le droit d'auteur, en une règle
En France, une œuvre reste protégée pendant la vie de son auteur, puis pendant l'année de sa mort et les soixante-dix années qui suivent (article L123-1 du code de la propriété intellectuelle). Tant qu'elle est protégée, la représenter comme la reproduire sans l'accord de l'auteur ou de ses ayants droit est illicite (article L122-4).
Les trois poèmes de cette page sont dans le domaine public. Pour un auteur contemporain, demandez l'accord de son éditeur avant d'imprimer le texte dans un livret ou de le publier en ligne.
Comment l'introduire en deux phrases
Un poème annoncé de nulle part reste un objet littéraire ; un poème introduit devient un hommage. Deux phrases suffisent : d'où vient ce texte pour vous, puis pourquoi lui.
« Ma mère avait recopié ce poème au dos d'un carnet de courses. Je ne l'ai trouvé qu'après sa mort, et je crois qu'elle l'aurait lu mieux que moi. »
« Paul détestait la poésie. Celui-ci est le seul qu'il connaissait par cœur, parce qu'il l'avait appris en sixième et ne l'avait jamais oublié. »
Si c'est une chanson plutôt qu'un texte qui lui ressemble, voyez la musique pour un enterrement. Et si c'est la prise de parole entière qui vous inquiète, voyez que dire à l'enterrement de son père, de sa mère ou d'un ami, et le guide principal.
Textes relevés le 28 septembre 2026 sur Wikisource : Victor Hugo, Les Contemplations (1856), livre IV, XIV ; Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, édition de 1820 ; Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites (1860). Articles L123-1 et L122-4 du code de la propriété intellectuelle, vérifiés le même jour sur Légifrance.




