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Écrire un discours d'enterrement : méthode, durée et un exemple complet

Julien Wiegandt

Julien Wiegandt

Fondateur de forevr

Célia RuedasRelu par Célia Ruedas

4 min leestijd

Deze gids is in het Frans geschreven, voor families in Frankrijk. Er bestaat geen Nederlandse versie van. Hij behandelt Frans uitvaartrecht, dat hier niet geldt — een urn thuis bewaren is in Frankrijk verboden en in Nederland gewoon toegestaan.

Un discours d'enterrement dure trois minutes, quatre au maximum, soit 400 à 500 mots. Il suit quatre temps : un souvenir précis pour ouvrir, deux ou trois traits de la personne illustrés par des faits, ce qu'elle laisse, et une phrase courte pour finir. Quand on l'écrit la veille, une heure suffit : vingt minutes de notes en vrac, dix pour choisir trois souvenirs, vingt pour écrire, dix pour le lire à voix haute.

Un exemple complet, construit sur cette trame, se trouve plus bas.

Trois minutes, pas dix

Une assemblée en deuil décroche vite. Plusieurs personnes parlent souvent le même jour. Et surtout, un texte court oblige à choisir — c'est ce qui le rend fort. Les discours dont on se souvient sont ceux qui ont renoncé à tout dire.

La méthode en une heure

Un discours d'enterrement s'écrit presque toujours dans de mauvaises conditions : entre deux rendez-vous, sans sommeil, à quelques heures de la cérémonie.

1. Vingt minutes de notes en vrac. Tout ce qui vient, sans ordre et sans phrases : souvenirs, mots à elle, odeurs, disputes, habitudes. Ne jugez rien.

2. Dix minutes pour choisir trois choses. Entourez ce qui vous serre la gorge. C'est le seul critère fiable.

3. Vingt minutes pour écrire. Des phrases courtes : vous les lirez à voix haute, avec une voix qui tremble.

4. Dix minutes de lecture à voix haute. Vous entendrez ce qui sonne faux, où vous manquez d'air, et combien de temps ça dure vraiment.

Une structure qui tient

Les cas particuliers d'un père, d'une mère ou d'un ami ou d'un collègue ont chacun leur page, avec leurs textes.

Temps Ce qu'on y met Durée
Ouverture Un souvenir précis, une scène 30 s
Qui elle était Deux ou trois traits, illustrés 1 min 30
Ce qu'elle laisse Ce qui continue à travers vous 45 s
Clôture Une phrase courte, adressée 15 s

Ne commencez pas par « nous sommes réunis aujourd'hui » : l'assemblée le sait. Entrez directement dans la scène.

Un exemple complet

Discours d'un neveu pour sa tante, institutrice. Un peu moins de trois minutes à voix haute. Chaque paragraphe correspond à une ligne du tableau.

« La dernière fois que j'ai vu Monique, c'était en juillet, sur son balcon. Elle m'a tendu une paire de jumelles et m'a dit : “Regarde, le couple de mésanges est revenu.” Elle avait quatre-vingt-trois ans, elle ne marchait plus très bien, et elle suivait la vie de deux oiseaux avec le sérieux d'un chef de chantier.

C'était ça, Monique : une curiosité qui ne s'arrêtait jamais. Elle a été institutrice pendant trente-huit ans, et je crois qu'elle n'a jamais cessé de l'être. Elle posait des questions, et elle écoutait vraiment les réponses. Quand j'avais douze ans, elle m'a demandé ce que je voulais faire plus tard. J'ai dit “astronaute”. Elle n'a pas ri. Trois semaines après, j'ai reçu par la poste un livre sur les planètes, avec une carte : “Pour commencer.”

Elle était têtue, aussi — ceux qui ont essayé de lui faire rendre ses clés de voiture s'en souviennent. Et drôle, d'un humour sec qu'on ne voyait pas venir. À l'hôpital, en mars, une infirmière lui a demandé si elle avait mal quelque part. Elle a répondu : “Seulement à l'amour-propre.”

Elle n'a pas eu d'enfants. Mais nous sommes nombreux ici, neveux, nièces, anciens élèves, à pouvoir dire qu'elle nous a appris quelque chose. Moi, elle m'a appris à regarder. À m'arrêter devant un nid, un nuage, une personne, et à me demander ce qui s'y passe. Je ne suis pas devenu astronaute. Mais je lève encore les yeux.

Monique, je surveillerai les mésanges. »

Le jour même

  • Imprimez en gros caractères, corps 16 minimum : les yeux fatigués rendent un texte serré illisible.
  • Numérotez les pages et ne les agrafez pas.
  • Marquez vos respirations d'un trait au stylo. Vous parlerez trop vite.
  • Posez le papier sur le pupitre : les mains tremblent, le papier amplifie.
  • Regardez un point fixe au fond de la salle si les visages vous submergent.

Si vous ne pouvez pas finir, quelqu'un finira. Prévenez cette personne avant, et donnez-lui une copie.

Si vous n'y arrivez pas

Renoncer à parler n'est pas un manquement. Trois solutions, toutes acceptables :

  • Confier votre texte à quelqu'un qui le lira à votre place, en disant de qui il est.
  • Choisir un texte existant — un poème, une chanson, un passage qu'elle aimait. Le choix est déjà un hommage.
  • Ne rien dire. Porter le cercueil, tenir la porte, s'occuper des enfants des autres : ce sont aussi des façons d'être là.

Personne, dans dix ans, ne se souviendra de qui a pris la parole. Vous, vous vous souviendrez d'avoir été présent.

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