Non. Depuis la loi du 19 décembre 2008, l'article L2223-18-2 du code général des collectivités territoriales ne permet plus de garder une urne cinéraire dans un logement, même quelques jours. Les cendres doivent être inhumées dans une sépulture, déposées dans une case de columbarium, scellées sur un monument funéraire, ou dispersées. En attendant la décision, le crématorium peut conserver l'urne un an au maximum.
Beaucoup de familles connaissent pourtant quelqu'un qui a une urne sur une étagère. Voici ce que dit le texte, combien de temps on a pour décider, et ce qui ne coûte rien.
A-t-on le droit de garder les cendres d'un défunt chez soi ?
Non. L'article L2223-18-2 énumère les destinations possibles des cendres, et la conservation à domicile n'y figure pas. La liste est fermée : ce qui n'y est pas n'est pas permis. Service-public.fr le dit sans détour : on ne peut pas conserver les cendres chez soi, ni dans un autre logement.
La règle découle d'un principe posé la même année à l'article 16-1-1 du code civil : les restes des personnes décédées, cendres comprises, doivent être traités avec respect, dignité et décence. Depuis 2008, des cendres ne sont plus un bien qu'on possède.
Les cendres vont aussi en leur totalité à une seule destination : on ne les partage pas entre proches, et on n'en garde pas une partie dans un bijou.
Combien de temps peut-on garder une urne ?
Chez soi : aucune durée. La loi ne prévoit pas de garde à domicile, même courte.
Le temps de décider existe pourtant, mais ailleurs. L'article L2223-18-1 prévoit que, dans l'attente d'une décision, l'urne reste au crématorium pendant un an au maximum. À la demande de la personne qui organise les obsèques, elle peut aussi être conservée, dans les mêmes conditions, dans un lieu de culte, avec l'accord de l'association qui gère ce culte.
Si personne n'a rien décidé au bout d'un an, la loi tranche à la place de la famille : les cendres sont dispersées dans l'espace prévu à cet effet du cimetière de la commune du décès, ou du site cinéraire le plus proche.
Un an, c'est fait pour décider une fois passée la période où l'on ne décide rien de bon. Mais c'est un délai, pas une marge : notez la date.
Peut-on entreposer une urne gratuitement ?
Une seule solution est gratuite :
- L'inhumation en terrain communal. L'urne peut être inhumée dans un emplacement non concédé du cimetière, gratuitement, pour au moins cinq ans, selon service-public.fr. Après ce délai, la commune peut reprendre l'emplacement.
Le reste a un coût, qui dépend de la commune ou du prestataire :
- Le dépôt temporaire au crématorium ou dans un lieu de culte : le service « peut être payant », précise service-public.fr, sans fixer de montant.
- La case de columbarium : c'est une concession, louée à la commune pour une durée et à un prix fixés par le conseil municipal.
- La dispersion au jardin du souvenir : elle ne se fait pas soi-même, et ses conditions sont fixées par chaque commune.
- La sépulture familiale existante : souvent le moins coûteux, puisqu'il n'y a pas de nouvelle concession à obtenir, seulement l'ouverture de la tombe.
Pourquoi la loi a changé
Que devient une urne à la génération suivante ? Gardée dans un salon, elle suit les déménagements et les successions, et finit dans un carton chez quelqu'un qui n'a pas connu le défunt. Les destinations autorisées sont, elles, inscrites quelque part : une concession a un numéro, une dispersion en pleine nature se déclare à la mairie du lieu de naissance du défunt, qui la porte sur un registre. Dans quarante ans, quelqu'un peut retrouver l'endroit.
Et les urnes déjà à la maison ?
La loi de 2008 n'a pas prévu de régime explicite pour les urnes remises aux familles avant son entrée en vigueur. Si vous êtes dans ce cas, adressez-vous à la mairie de votre commune ou au crématorium qui a remis l'urne : ils traitent ces demandes et vous diront comment régulariser sans drame.
Ce que la loi autorise à la place
Le besoin derrière la question est rarement juridique : c'est celui d'un lien qui ne dépende pas d'un long trajet.
- Une case de columbarium dans votre propre commune, plutôt que dans celle du décès. Rien n'oblige à choisir le cimetière le plus loin.
- L'urne scellée sur un monument funéraire, visible, à l'endroit où la famille se rend déjà.
- La dispersion en pleine nature, sauf sur les voies publiques, avec une déclaration en mairie : les règles sont détaillées dans Dispersion des cendres : ce que dit la loi.
- L'inhumation dans une propriété privée, à titre exceptionnel : elle suppose l'autorisation du préfet du département, une propriété située hors des villes et à distance des habitations, et crée une servitude perpétuelle au profit des proches.
Quand il n'y a finalement aucune tombe : Garder le souvenir quand il n'y a pas de tombe.
Ce qu'on cherchait vraiment
Une urne sur une étagère ne rend pas quelqu'un présent. Sa voix, son visage, ce que les autres racontent de lui, si : et c'est ce qui disparaît le plus vite.
Rassembler ces choses-là quelque part ne dépend d'aucune autorisation et d'aucun cimetière. C'est ce que fait Forevr : un espace pour un défunt, consultable de partout, relié par un QR code au lieu où la famille se recueille. On le paie une fois, à partir de 19 €, sans abonnement.
Pour le cadre complet, voir Que faire des cendres après une crémation.
Vérifié le 11 octobre 2026 sur Légifrance (articles L2223-18-1 à L2223-18-4 du code général des collectivités territoriales, en vigueur depuis le 21 décembre 2008 ; article 16-1-1 du code civil ; loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008) et sur service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 1er octobre 2026). Pour une urne déjà conservée à domicile, la mairie du lieu de résidence est l'interlocuteur compétent.




