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Les cendres

Quel est le délai entre un décès et une crémation ?

Julien

Julien

Fondateur de forevr

CéliaRelu par Célia

5 min de lecture

En France métropolitaine, la crémation a lieu au moins 24 heures après le décès et au plus tard le 14ᵉ jour calendaire suivant celui du décès. Ce maximum est passé de 6 à 14 jours le 12 juillet 2024. Au-delà, il faut une dérogation du préfet.

Pour un enterrement, la limite est la même, mais elle est fixée par un autre article et s'accompagne d'autres contraintes : elle est détaillée dans le délai entre le décès et l'enterrement.

Ce que dit l'article R2213-35

L'article R2213-35 du code général des collectivités territoriales prévoit que la crémation a lieu « au moins vingt-quatre heures après le décès et, au plus tard, le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès ». Cette rédaction vient du décret n° 2024-790 du 10 juillet 2024. Avant, le maximum était de 6 jours, et beaucoup de guides en ligne le citent encore.

« Calendaire » veut dire que tous les jours comptent, samedis, dimanches et jours fériés compris.

Deux cas décalent le point de départ :

  • Un problème médico-légal (autopsie, enquête) : les 14 jours courent à partir de l'autorisation du procureur de la République, pas du décès.
  • Un corps arrivé de l'étranger ou de l'outre-mer : ils courent à partir de son entrée sur le territoire.

Combien de temps entre le décès et l'incinération, en pratique ?

On dit souvent « incinération », le droit dit « crémation » : la règle est la même. Les 14 jours sont une limite, pas une durée habituelle. La date réelle dépend surtout d'une chose : le premier créneau libre au crématorium.

Un crématorium dessert souvent un territoire étendu, et ses créneaux ne sont pas extensibles. Là où il y en a peu pour beaucoup de communes, l'attente peut approcher la limite légale. Ailleurs, une date se trouve en quelques jours. Aucun chiffre national ne dit combien de jours on attend : c'est l'opérateur funéraire qui le sait, parce que c'est lui qui réserve.

Viennent ensuite la disponibilité de la famille, de l'officiant s'il y en a un, et le transport du corps quand le décès a eu lieu loin du crématorium.

Du décès à la crémation, étape par étape

  1. Le jour du décès : un médecin constate la mort et remplit le certificat de décès. Pour une crémation, ce certificat doit indiquer l'absence de problème médico-légal.
  2. Le premier ou le deuxième jour : la famille choisit un opérateur funéraire, qui demande un créneau au crématorium. C'est souvent ce créneau qui fixe tout le reste.
  3. Les formalités : l'opérateur réunit le dossier. Il contient les dernières volontés écrites du défunt, ou à défaut la demande de la personne qui organise les obsèques, et le certificat du médecin. Si le défunt portait une prothèse à pile, comme un stimulateur cardiaque, elle est retirée avant la mise en bière, et un médecin ou un thanatopracteur l'atteste.
  4. L'autorisation de crémation : elle est délivrée par le maire du lieu du décès, ou du lieu de la mise en bière si le corps a été transporté. En cas de problème médico-légal, c'est le parquet qui l'accorde.
  5. La mise en bière, puis la cérémonie si la famille en organise une : au crématorium, dans une chambre funéraire, dans un lieu de culte.
  6. La crémation, au jour réservé.
  7. La remise de l'urne, qui porte une plaque d'identité et le nom du crématorium. Ce qu'il advient ensuite des cendres est traité dans que faire des cendres après une crémation.

Pour les autres démarches de ces premiers jours, voir les démarches administratives après un décès.

Peut-on avancer la date, ou dépasser 14 jours ?

Avancer, non : les 24 heures sont un minimum qui ne se contourne pas.

Dépasser 14 jours, oui, mais seulement avec l'accord du préfet. Le texte prévoit deux dérogations :

  • Individuelle, « en raison de circonstances particulières », accordée par le préfet du département du lieu du décès ou de la crémation. Le texte ne liste pas ces circonstances, et rien ne garantit l'accord.
  • Collective, quand des « circonstances locales particulières » le justifient, par exemple un crématorium saturé : le préfet peut allonger le délai pour son département, pour un mois au plus, renouvelable. Il ne peut alors pas dépasser 21 jours calendaires après le décès.

La demande passe en principe par l'opérateur funéraire. Mieux vaut en parler dès le premier rendez-vous que la veille de la date limite.

Combien coûte une crémation ?

Il n'existe pas de tarif national : le prix dépend du crématorium et des prestations choisies, cercueil, cérémonie, transport. Nous ne donnons pas de fourchette, faute d'une source publique qui en tienne une à jour.

Ce qui est fixé, en revanche, c'est le droit au devis : l'entreprise de pompes funèbres doit remettre un devis individuel gratuit, détaillé et chiffré, et une documentation générale de ses prix et prestations. Le comparer poste par poste, entre deux opérateurs, est la seule façon d'avoir un chiffre fiable.

Pendant les jours d'attente

Entre le décès et la crémation, il peut s’écouler plusieurs jours. La famille prévient, s'organise, et des proches savent déjà qu'ils ne pourront pas venir. Certains rassemblent dès ces jours-là photos et souvenirs dans un espace en ligne dédié au défunt, dont la famille partage le lien : chacun peut y déposer une photo, une vidéo ou un mot, sans créer de compte, et ce qui y est réuni reste là après la cérémonie.


Vérifié le 11 octobre 2026 sur Légifrance (article R2213-35 du code général des collectivités territoriales, version en vigueur depuis le 12 juillet 2024, issue du décret n° 2024-790 du 10 juillet 2024) et sur service-public.gouv.fr (fiche « Crémation », vérifiée le 1ᵉʳ octobre 2026). Pour une situation particulière, l'opérateur funéraire et la préfecture font autorité.

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