Remerciements après des obsèques : quoi écrire
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Il n'existe aucune obligation d'envoyer des remerciements après des obsèques. C'est un usage, pas une règle, et personne ne vous en voudra de ne pas l'avoir fait. Si vous choisissez de le faire, trois choses suffisent : écrire court, écrire à ceux qui ont fait quelque chose de concret, et ne pas attendre d'avoir retrouvé la force d'écrire une belle lettre — elle ne viendra pas.
Cette page dit à qui écrire, dans quel délai, et donne des formules courtes que vous pouvez reprendre telles quelles.
Faut-il vraiment en envoyer ?
Non. L'usage veut qu'on remercie, mais il n'oblige personne, et la charge tombe au pire moment : dans les semaines qui suivent une mort, entre les démarches administratives et l'épuisement.
Deux repères utiles. Personne ne compte les cartes qu'il n'a pas reçues — ceux qui sont venus l'ont fait pour le défunt, pas pour être remerciés. Et quelques mots valent une carte : un message envoyé un soir de la semaine tient le même rôle qu'un bristol.
Si vous êtes plusieurs, répartissez la liste. C'est la seule chose qui rend l'exercice tenable.
À qui écrire
Par ordre de priorité, si vous devez vous limiter :
- ceux qui ont fait quelque chose — porté le cercueil, gardé les enfants, conduit quelqu'un, apporté un repas, avancé de l'argent ;
- ceux qui ont pris la parole ou lu un texte ;
- ceux qui ont envoyé un mot ou des fleurs sans pouvoir venir ;
- les collègues et voisins qui se sont manifestés collectivement — un seul message au groupe suffit, personne n'attend mieux.
Les personnes simplement présentes n'attendent rien. Si votre liste devient un inventaire, c'est le signe qu'elle est trop longue.
Dans quel délai
Comptez un mois, deux sans que ce soit tardif. Au-delà, écrivez quand même : un remerciement qui arrive trois mois plus tard n'est pas en retard, il arrive au moment où l'entourage a cessé d'appeler, et il est souvent mieux reçu que s'il était parti tout de suite.
Ne vous excusez pas du délai. « J'ai mis du temps » est une phrase qui parle de vous ; elle n'apporte rien à celui qui la lit.
Quoi écrire, concrètement
Trois éléments, dans cet ordre : nommer ce que la personne a fait, dire ce que ça a changé, et s'arrêter. Trois lignes sont un bon remerciement. Dix lignes en sont un moins bon.
À quelqu'un qui a aidé matériellement
« Tu as conduit ma mère à l'église et tu es resté avec elle tout l'après-midi. Je ne sais pas comment on aurait fait. Merci. »
À quelqu'un qui a pris la parole
« Ce que vous avez dit sur son travail à l'atelier, personne dans la famille ne le savait. Vous nous avez appris quelque chose sur lui ce jour-là. Merci d'être venu. »
À quelqu'un qui a écrit sans pouvoir venir
« Votre mot est arrivé le jour où la maison s'est vidée. Il est arrivé au bon moment. Merci. »
À un groupe — collègues, voisins, club
« Merci pour votre présence et pour la gerbe. Mon père aurait été gêné qu'on fasse tant de choses pour lui, et content que vous soyez tous là. »
Quand vous ne savez pas quoi dire
« Merci d'avoir été là. C'est tout ce que j'arrive à écrire pour l'instant, et je crois que ça suffit. »
Cette dernière est vraie et elle est reçue comme telle. La sincérité brève passe toujours mieux qu'une formule de circonstance.
Carte, message, ou faire-part ?
Les trois existent et aucun n'est plus correct qu'un autre.
La carte manuscrite se garde. C'est le geste le plus fort, et le plus coûteux en énergie — réservez-la à quelques personnes plutôt que de l'imposer à quarante.
Le message se lit tout de suite et n'oblige à aucune réponse. Pour des collègues, des voisins ou des amis éloignés, il est parfaitement adapté.
Le faire-part de remerciement, imprimé, se justifie quand la liste est longue et que la famille est en vue dans une commune. Il dit peu, mais il dit à tout le monde en même temps.
Ce qui sonne faux
- « La famille remercie… » à la troisième personne, sur un message envoyé d'un téléphone. Écrivez « je » ou « nous ».
- Les formules toutes faites recopiées d'un modèle. Elles se reconnaissent, et elles annulent le geste.
- Raconter le deuil en cours. Un remerciement n'est pas une lettre de nouvelles ; celui qui le reçoit n'a pas à porter votre état.
- S'excuser de la brièveté. Trois lignes n'ont pas besoin d'être justifiées.
Si vous n'y arrivez pas
Beaucoup de familles n'envoient jamais ces remerciements, et le regrettent des années plus tard alors que personne autour d'elles ne s'en est aperçu.
Si l'écriture bloque, faites la liste des gestes plutôt que la liste des personnes : « Untel a conduit », « Untel a gardé les enfants ». Une fois le geste posé sur le papier, la phrase vient presque toute seule — c'est le même mécanisme que pour écrire un discours, où c'est le fait précis qui débloque, jamais l'intention générale.
Et si vous avez fait circuler un registre de condoléances, relisez-le avant d'écrire : les noms y sont, les gestes aussi, et vous n'aurez pas à reconstituer de mémoire qui était là.
Voir aussi que dire à quelqu'un en deuil pour la démarche inverse, et rendre hommage à un proche disparu pour le reste.