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Rendre hommage

Premier Noël après un décès : les décisions à prendre, dans l'ordre

Julien

Julien

Fondateur de forevr

CéliaRelu par Célia

4 min de lecture

Le premier Noël après un décès se passe mieux quand on a décidé tôt, et à plusieurs, ce que sera cette année : garder la fête telle quelle, la réduire, ou la passer ailleurs. Aucune des trois n'est la bonne en soi ; ce qui pèse, c'est de la subir faute d'en avoir parlé. On règle ensuite la place du défunt à table, ce qu'on dit aux enfants, qui attendent Noël quand même, et un geste pour lui. Et chacun garde le droit de décliner une invitation.

Garder la fête, la réduire ou partir ?

Trois options, et chacune a ses raisons :

  • Garder Noël comme avant, mêmes plats, même maison. Certains ont besoin que quelque chose reste en place. Le risque : que tout le monde fasse semblant, et que l'absence occupe toute la soirée sans que personne la nomme.
  • Le réduire : un repas plus court, moins de monde, pas de sapin cette année, ou un sapin sans les décorations qu'il avait choisies. C'est souvent le compromis qui tient.
  • Le passer ailleurs : chez un autre membre de la famille, au restaurant, en voyage. Changer de lieu évite la chaise vide dans la pièce où elle se voit le plus. Ce n'est pas une fuite ; l'année suivante peut revenir à la maison.

Rien n'engage pour les Noëls suivants. Beaucoup de familles changent de formule la deuxième année.

Qui décide, et quand en parler ?

Avant début décembre, et pas le 23 au téléphone. Celui ou celle qui vivait avec le défunt a en général le dernier mot : c'est son Noël qui change le plus. Mais demandez à chacun ce qu'il redoute et ce qu'il souhaite garder — les réponses surprennent souvent.

Quand la personne la plus touchée est le conjoint, laissez-lui choisir sans insister pour « lui changer les idées ». Voir perdre son conjoint.

Une règle simple aide : chacun peut dire ce qu'il ne veut pas, sans avoir à se justifier. Le reste se construit à partir de là.

La place vide à table

Trois façons de faire, qu'il vaut mieux choisir avant le repas qu'au moment de mettre la table :

  • La laisser, avec son couvert ou une photo. Pour certains, c'est une manière de l'inviter ; pour d'autres, c'est insupportable. Demandez.
  • La donner : resserrer la table, ou inviter quelqu'un qui serait seul ce soir-là. La place ne reste pas vide, et la soirée change de centre.
  • Changer la table elle-même : une autre pièce, un autre ordre de places. La question ne se pose plus de la même façon.

Dans tous les cas, parler de lui à table n'est pas interdit. Un souvenir raconté au dessert fait souvent plus de bien que deux heures de silence poli.

Les enfants attendent Noël quand même

Un enfant peut être triste le matin et impatient le soir. Ce n'est ni de l'indifférence ni de l'oubli : c'est son âge. Gardez pour lui ce qui fait Noël — les cadeaux, le sapin, un rituel qu'il connaît — même si les adultes réduisent le reste.

Dites-lui à l'avance ce qui sera différent, et pourquoi, avec des mots simples. S'il pose des questions sur le défunt ce jour-là, répondez-y. Voir annoncer la mort à un enfant, dont les principes valent encore des mois après.

Un geste pour le défunt

Beaucoup de familles ont besoin qu'il soit présent d'une façon ou d'une autre. Quelques gestes, à choisir ou non :

  • Une bougie allumée au début du repas, sans discours.
  • Un souvenir raconté : chacun dit un Noël passé avec lui.
  • Son plat, celui qu'il faisait ou qu'il réclamait.
  • Un passage au cimetière le matin, avant la journée.
  • Un don à une association qui lui tenait à cœur, à la place d'un cadeau.
  • Une décoration qui porte son nom, accrochée au sapin tous les ans.

Un seul suffit. Si l'anniversaire du décès tombe près des fêtes, les deux dates s'additionnent : voir que dire à l'anniversaire d'un décès.

Les cadeaux

Deux questions reviennent. Faut-il en faire ? Oui aux enfants ; pour les adultes, un Noël sans cadeaux cette année est une décision qui se prend ensemble, pas un oubli. Que faire de ceux qu'il aurait offerts ? Certaines familles offrent en son nom un objet qui lui appartenait : une montre, un livre, un outil. C'est souvent le cadeau dont on se souvient.

Le droit de ne pas répondre

Les invitations arrivent : repas d'entreprise, réveillon chez des amis, marchés de Noël. On peut dire non, sans explication, ou accepter et partir tôt. « Je ne suis pas encore prêt pour ça, merci d'avoir pensé à moi » suffit. Ceux qui invitent le comprennent presque toujours.

Et si la peine devient trop lourde pendant ces jours-là, un médecin peut être consulté, l'association Empreintes écoute les personnes en deuil au 01 42 38 08 08 du lundi au vendredi, et le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond 24 heures sur 24, gratuitement.

Les autres moments de la première année sont traités dans le dossier sur l'hommage.


Numéros vérifiés le 29 septembre 2026 sur les sites d'Empreintes (ligne nationale, du lundi au vendredi, service gratuit hors prix de l'appel) et du 3114 (24 h/24, 7 j/7, gratuit).

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